Bruxelles, le 13/06/2016
Monsieur Van Gerven,
Le SLFP opte résolument pour le Dialogue Social, malgré la forte pression sur le terrain.
Cette décision est inspirée par le point de vue selon lequel en période de négociations en vue de la conclusion d’une nouvelle cct il faut laisser une chance à la concertation mais aussi en ayant conscience que le personnel et l’entreprise ont avantage à ce que règne la paix sociale au sein de bpost, aujourd’hui exposée à la concurrence.
Mais cette concurrence ne peut être l’alibi pour faire persister le “nivellement vers le bas”.
Le personnel s’est suffisamment serré la ceinture, le citron a été pressé jusqu’à la dernière goutte.
Seules de nouvelles techniques ou de nouvelles méthodes de travail peuvent éventuellement encore mener à une réduction supplémentaire des effectifs. Une augmentation de la charge de travail reste exclue, il faudrait envisager le contraire.
Nous constatons que chez MSO les organisations les plus récentes ne fonctionnent pas comme il faudrait. Nous entendons de toute part que le travail devient impraticable et les jeunes décrochent massivement ou on ne trouve pas ou insuffisamment de nouvelle main-d’œuvre. Bpost ne peut plus repousser ce problème à plus tard, il doit être traité fondamentalement et prioritairement.
Lors du recrutement il y a un manque de plus en plus important de formation et d’accompagnement, d’initiation aux devoirs mais surtout aux droits des nouvelles recrues. Les obligations administratives, le droit au congé, à des indemnités, à une semaine de travail de 5 jours, ne leur sont pas ou insuffisamment expliqués. Le credo est souvent: si vous refusez tel ou tel travail supplémentaire, il sera mis fin à votre contrat. C’est du chantage!
Une grande inquiétude règne aussi au sein de NRS, l’organisation en prise avec les besoins de la clientèle a raté son objectif, il y a trop peu de gens lorsque c’est nécessaire, des bureaux restent fermés par manque de personnel..! Il n’y a pas de vision claire à long terme, ou elle est dissimulée au personnel concerné! Le manque de transparence engendre du mécontentement et des tensions. Concernant l’avenir et la vision de NRS une concertation transparente et ouverte est également plus que nécessaire.
Après Alfa, nous voyons de nombreux membres du personnel statutaire en job mobility, qui attendent un nouveau défi au sein de bpost, et pourtant nous voyons que des externes sont engagés pour exécuter des missions temporaires, parfois assez simples. Pourquoi notre propre personnel en reste-t-il exclu? Cela crée aussi de l’animosité et dans ce domaine il y a aussi un manque important de transparence. On cherche et on vise le dénonciateur et non celui qui se rend coupable de telles pratiques qui vont à l’encontre de tous les accords!
Malgré les promesses, on nous signale régulièrement que des indépendants sont appelés pour la distribution de colis en semaine. Ces promesses faisaient partie d’un ensemble plus vaste. Le SLFP veut que cet aspect de l’accord soit aussi respecté.
Le personnel demande plus de transparence dans les salaires et les prestations, si nécessaire avec un retour temporaire à l’ancienne méthode. Le changement doit être porteur d’amélioration mais – vu les nombreuses régularisations, les excuses de l’entreprise répétées chaque mois et les frustrations croissantes du personnel à ce propos- ce n’est certes pas le cas pour ce qui concerne les nouvelles fiches de salaire.
Le front commun a déposé un cahier de revendications en vue d’une nouvelle cct. Bpost a déjà pris les devants en faisant passer plusieurs dossiers au cours des deux dernières années: Alfa, MSO, KB68… . Le SLFP attend de la part de l’entreprise qu’elle conclue une cct positive avec les partenaires sociaux, qui améliore le pouvoir d’achat, les conditions de travail et la santé du personnel. Après toutes les concessions faites dans le passé, de nouvelles concessions salariales ou la poursuite de la diminution progressive des droits sont totalement exclues pour le SLFP!
Le SLFP espère que l’entreprise est consciente que les travailleurs ne sont pas un mal nécessaire, mais précisément la richesse de l’entreprise qu’il faut choyer, sur laquelle l’entreprise devra pouvoir compter pour sauvegarder son avenir. Cela n’est possible que si on garantit un revenu décent au personnel et on montre du respect pour l’équilibre entre le travail et la vie privée!
Le SLFP veut paraître à la table des négociations sur cette base pour donner un nouvel élan à la réussite de bpost, une réussite, en premier lieu pour ceux qui génèrent les revenus, à savoir le personnel!
Marc De Mulder
Président National SLFP Poste