Éditorial du Président Général du SLFP, Jan Eyndels : Cessez de taper sur les syndicats

Le Président Général Jan Eyndels
Le Président Général Jan Eyndels

(01/05/13) - Précisément au moment où nous avons plus que jamais besoin des syndicats, nous sommes une fois de plus assaillis par des critiques émanant des milieux politiques. La sénatrice Open Vld Nele Lijnen ( ex-Vivant ; l’Open Vld est-il encore libéral ? ), dans une résolution, appelait à ce qu’entre autre les indemnités de chômage ne soient plus versées par les syndicats mais exclusivement par l’Administration.

Le député MR Olivier Destrebecq propose d’imposer les indemnités de grève. L’un et l’autre n’ont qu’un seul objectif : ils veulent briser l’influence du syndicat dans notre société, et d’une manière platement populiste. Il est gênant que le degré de syndicalisation continue de croître en Belgique. Nous sommes d’autant plus affectés parce que les attaques viennent une fois encore des milieux “libéraux”. Le libéralisme social de notre syndicat est dans le collimateur de ceux qui soi-disant partagent nos idées. Nous ne pouvons plus le tolérer et nous continuerons de réagir. Il est incompréhensible que la valeur de la société civile ne soit pas prise au sérieux. Il est tout simplement décevant que les politiciens prennent fréquemment leurs informations auprès de mouvements et de groupements qui représentent une population bien moins nombreuse que celle des mouvements syndicaux.

A Monsieur Destrebecq nous répondons que les indemnités de grève sont une expression de solidarité avec des travailleurs en difficulté, qu’elles sont versées en compensation de la perte de salaire dont ils ne sont pas responsables, et qu’elles ne peuvent donc être imposées. A quoi pense-t-il ? Pour ce Monsieur, aurions-nous dû abandonner les travailleurs de Ford-Genk ou Arcelor-Mittal à leur sort ?
Pour Madame Lijnen, nous souhaitons clarifier ce qui suit. Les syndicats reçoivent une intervention pour le paiement des indemnités de chômage. Cette intervention est contrôlée, et nous insistons sur le mot “contrôlée”, par l’ONEM, par la Cour des Comptes, et payée par dossier et par prestation du syndicat. Si l’Etat devait fournir lui-même ce service, le coût en serait nettement supérieur à ce qu’il en coûte pour faire effectuer le paiement par le syndicat. Des études le prouvent.

Jan Eyndels : “Le SLFP veut se montrer un acteur syndical progressiste et moderne pour lequel la qualité du service rendu à ses membres est primordiale”

Aider les chercheurs d’emploi à trouver un nouveau job est un droit fondamental du syndicat ; mais les aider aussi lorsqu’ils sont en difficulté et ne trouvent pas immédiatement un autre job en est un autre. Cela s’appelle “Solidarité”. Nous ne pouvons pas imaginer que Madame Lijnen puisse être en désaccord. Ces attaques sont bien sûr la conséquence de ce qui s’est passé au syndicat chrétien. Nous ne nous exprimerons pas sur l’affaire Belfius. Chacun doit balayer devant sa porte. Mais faire un amalgame à partir de cet événement tient du pur populisme.

Dans l’imagerie qui se forme, les syndicats sont dépeints depuis longtemps comme des forces conservatrices. Eh bien, le SLFP refuse que tous soient mis dans le même sac. Le SLFP veut se montrer un acteur syndical progressiste et moderne pour lequel la qualité du service rendu à ses membres est primordiale. Nous ne voulons pas faire de l’opposition gratuite, mais soutenir des réformes valables. Nous ne sommes pas partisans d’un syndicalisme borné avide de grèves et de manifestations, mais nous ne sortons ces armes que lorsque cela s’avère vraiment nécessaire. De plus, nous honorons la liberté d’association et de réunion et la défense de nos droits. Il est difficile pour les libéraux d’être en désaccord !
Ce que nous trouvons le plus choquant, c’est que l’existence même des syndicats soit mise en question. Incompréhensible. Sous la pression des syndicats, les travailleurs ont forgé un certain nombre de droits au fil des ans. Sans les syndicats, les ouvriers et les employés ne se trouveraient pas  où ils en sont maintenant. Sans les syndicats, nous ne pourrions pas garder aujourd’hui ce que nous avons acquis par le passé. Surtout pas maintenant. Nous vivons en effet des temps difficiles où il est très tentant pour les dirigeants de rogner les droits acquis en matière de salaires, d’horaires, de congés, de réglementation du travail et de pensions. C’est précisément ce que les syndicats veulent éviter.

Certains partis politiques devraient prendre conscience du fait que les syndicats ont encore bien une très large base dans notre pays et qu’ils représentent des citoyens (et des électeurs !) qui doivent être défendus. Notre point de vue ne s’exprime pas en termes de rapports de forces, mais tout simplement en termes de défense d’intérêts. Les intérêts que nous défendons sont ceux d’une partie particulièrement large de la population.
Cessez donc de taper sur les syndicats ! J’espère que Madame Lijnen et Monsieur Destrebecq feront comprendre le message à leurs partis.

Jan Eyndels
Président général

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